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31-10-2009 | |
Corruption en milieu scolaire - Le combat est enclenché |
Un projet de lutte officiellement lancé hier à Yaoundé par le Minesec, vise à introduire une éducation à l'intégrité.
Selon Louis Bapès Bapès, ministre des Enseignements secondaires, « la rectitude morale et l'honnêteté dans les établissements scolaires laissent à désirer ». Le Minesec fait ainsi allusion à la corruption qui gangrène aujourd'hui tout le système éducatif. Et force est de constater que dans les rangs des corrupteurs, l'élève figure en bonne place. Amandine Nkomo est élève en classe de seconde au collège Jean Tabi de Yaoundé. Elle a très souvent vu ses camarades à l'oeuvre. Selon la jeune fille, « il y en a qui proposent de l'argent à certains enseignants pour qu'ils leur donnent les épreuves à l'avance ou pour modifier leurs notes. D'autres font falsifier leurs bulletins de notes ou apportent des « cartouches » pendant les examens. Et comme ils s'en sortent, les autres copient et le phénomène se généralise. »
Pour ce qui est des pédagogues, ils excellent dans le monnayage des places et des influences diverses. Les parents ne sont pas en reste. Et puisqu'il faut faire face à ce fléau, le Minesec assure : « La méthode la plus efficace de lutte contre la corruption reste et demeure la sensibilisation ». D'où la rencontre de Yaoundé. Hier donc, au palais des Congrès, divers acteurs du système éducatif camerounais étaient réunis, à l'effet du lancement du projet de lutte contre la corruption à travers l'école. Une initiative de l'Ong Catholic Relief Services (CRS). Ledit projet est rendu là à sa deuxième phase. La cérémonie de lancement de ce second volet a été présidée par le Minesec, représentant du Premier ministre, chef du gouvernement. A ses côtés, Mgr George Nkuo, représentant de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun et Christophe Droeven, représentant résident de la CRS Cameroon. Selon Mgr Nkuo, « ce sont les conséquences dévastatrices de la corruption au sein de la société camerounaise qui ont poussé l'église catholique à concevoir, avec l'appui de son partenaire, le CRS, un projet de lutte contre ce phénomène en milieu scolaire ». Il est question, entre autres, d'élaborer des outils didactiques d'enseignement à l'intégrité, de sensibilisation et de formation des enseignants.
La phase pilote du projet de lutte contre la corruption à travers l'école, entamé en 2006, avait porté sur l'élaboration des outils didactiques et à l'évaluation du comportement de certains acteurs du système éducatif, face à la corruption. Pour ce qui est de la seconde phase, lancée pour cinq ans, les initiateurs ont voulu étendre le champ d'action aux autres ordres d'enseignement, afin d'assainir les moeurs à tous les niveaux. Parmi les résultats attendus, la révision du programme d'enseignement à l'intégrité et l'adoption à tous les établissements scolaires.
Auteur : Félicité Bahane N
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